LE GRAND DEBAT - ORALTITUDE

CONCLUSION


Nous en sommes donc au chapitre où, cheminant sur un étroit sentier de montagne bordé d’un côté par un précipice vertigineux et de l’autre par une paroi abrupte infranchissable on réalise soudain dans le même temps : 1- qu’une avalanche bien fournie en pierres de tailles gigantesques accélère vers nous, pile à l’aplomb de notre position, avec la ferme intention de mettre fin à cette promenade bucolique, 2- que pour se mettre à temps à l’abri il est tout autant impossible d’avancer que de reculer suffisamment. A ce moment précis la science des lois de la gravitation que nous pourrions avoir ou développer ne nous étant strictement d’aucun secours il ne resterait plus alors qu’à prier pour que, à flanc de falaise, apparaisse une ouverture permettant le pas de côté salvateur.

C’est l’existence de cette hypothétique issue que nous avons découvert et c’est le sésame (la prière n’est pas ici nécessaire) qui permet d’en déclencher l’ouverture que l’Oraltitude met à notre disposition. Nous avons la preuve de l’existence de ce passage secret (cachée par des éboulis judicieusement provoqués) auquel fait allusion la métaphore ci-dessus, ainsi que la carte et la boussole pour le localiser pour permettre qu’il s’ouvre encore peut-être à temps. C’est ce kit que le projet Oraltitude met à note disposition, en regard de la cause première que l’éclairage proposé ci-dessus met à jour. Il fonctionne à partir d’une découverte nouvelle fondamentale sur les propriétés du son humain qui prend bien, comme prévu, sa source en un point extérieur au système (c’est-à-dire dans le domaine de l’esprit et non plus dans celui de la matière) et constitue donc, d’un angle de vue topologique en tous cas, un point archimédien. Point à partir duquel une contribution novatrice et salvatrice à la résolution de la problématique des dangers formulée plus haut peut être apportée. Tous périls liés à la surconsommation, elle-même issue d’un sentiment de vide anxiogène très profond qui traverse le monde contemporain. Sentiment de perdition induit, pour le dire rapidement, par la fin d’un référent symbolique extérieur appelé Dieu et par la mise en place d’un anxiolytique de substitution appelé consumérisme. Les cieux sont vides et les têtes vidées et cette béance très angoissante est exploitée par les systèmes du markéting promettant l’apaisement par l’achat compulsif. Ce qui est vrai mais ne dure pas comme nous avons tous pu vérifier. Le projet Oraltitude permet d’agir sur les causes de frustrations et de sentiment de vide existentiel générant un niveau de tension inédit et un effet d’amorce des processus de colère, de désarrois et de révolte, qui sont ensuite récupérés par le cynisme sans fond de la grande finance ou le fanatisme sans limite des propagandes de groupes religieux radicalisés. L’effet d’aspiration induit par ces manques étant aussi prévisible et implacable que celui qui fait que le vide crée dans une paille fait monter le niveau de liquide dans cette paille jusqu’aux lèvres de ceux ( plus en plus ) qui justement… aspirent à sortir de ces manques. Il n’est pas absurde de penser que les avancées dont nous parlons puissent permettre de sortir de cette impasse.

Elles révèlent en effet pour chacun de nous, un chemin de spiritualité laïque qui fait existentiellement suffisamment sens - tant individuellement que collectivement dans l’échange et le partage des émotions artistiques associées avec le groupe, pour désamorcer les dérives de radicalisation religieuse irriguées par la misère symbolique et l’absence de sens et par les pulsions d’achat anxiogènes basées sur l’avoir, génératrices de frustrations et d’épuisement écologique et psychologique du monde. Désamorçant les stratégies de vente présentant le fameux « shoot consumériste » comme le seul geste capable d’apaiser la souffrance du vide, l’acquisition de cette dimension spirituelle laïque protège des manipulations psychotoxiques du marketing consumériste et de celles du marketing religieux contemporains et des comportements addictifs et déviants associés.

Alors rêvons que bientôt, grâce à l’Oraltitude, dans chaque ville, dans chaque quartier dans chaque barre d’immeuble et dans chaque village, se construisent une troupe de théâtre et un chœur, l’un et l’autre de très haut niveau. Et que ces ensembles deviennent la fierté et le lien unissant les habitants de ces lieux. Là et là seulement est, à notre avis, le salut qui nous empêchera de terminer seul avec notre robot de compagnie comme le préfigure notre relation à nos tablettes en attendant la fin de notre monde humain…